Hotesse webcam sur la plage

Quand les camgirls s’unissent face à un géant de la cam’…



Cet été, après 18 ans d’existence, le site Francolive a fermé. Ce site étant une référence mondiale de la cam’ depuis des années, quelle ne fut pas ma surprise d’apprendre sa chute.

D’autant plus que ce site, que j’avais connu respectueux et familiale, a fermé sans prévenir ses hôtesses ni ses clients. Imaginez la stupeur et la colère des camgirls qui se sont retrouvées, du jour au lendemain, dépossédées de leurs gains.

Le mal n’est pas seulement financier, il est aussi psychologique. Comment refaire confiance à nouveau dans un site de cam’ après ce traumatisme ? Comment surmonter ce sentiment d’injustice et reprendre confiance en soi ?

Plusieurs camgirls ont trouvé la réponse à ces questions : elles ont décidé de se battre et de ne rien lâcher pour récupérer les montants que le site leur devait.

Avec une immense ténacité, elles ont enquêté, retrouvé des responsables sur Internet (adresse mail, compte Linkedin…) et les ont traqué sans relâche, de Singapour au Canada. Sérieuses et organisées, elles ont multiplié les procédures et maintenu la pression en agitant la menace d’une communication médiatique (je ne doute pas que les journalistes auraient adoré traiter ce sujet !).

Grâce à cette action solidaire et offensive, une grande partie d’entre elles a pu récupérer ses gain.

Le témoignage d’une camgirl en colère

Je voulais donc vous faire partager le témoignage de l’une d’entre-elles avec qui j’ai beaucoup échangée.

Je vous laisse goûter son mordant… Vous comprendrez en lisant ces lignes, qu’elle ne se laisse pas facilement intimider 😀 !

Francolive, entreprise créée en 1999 et référence en terme de liveshows pour adultes, s’est effondrée. Le fait est que nous avions senti le vent tourner. Depuis des mois déjà, il y avait eu des signes, des indices de la chute à venir : salaires en retard, flux réduit, connexions de plus en plus instables…

Mais nous avions confiance. En nos partenaires. En notre équipe. Ces personnes en France ou ailleurs avec qui nous correspondions depuis si longtemps (…)

Aux mensonges ont succédé un assourdissant silence. Un silence plein de mépris et d’indifférence. Certaines ont perdu leur seule source de revenu, du jour au lendemain, car elles ne diffusaient que sur cette plate-forme et n’ont pas eu le temps de se retourner…

Alors, quand on a déjà tout perdu, il reste quoi ? Oh mais il reste quelque chose… Un choix… Car nous avons toujours le choix… Le choix de refuser la passivité, de ne pas subir “la loi du mensonge triomphant” [Jean-Jaurès], de se battre pour le respect de l’autre, de soi.

Nous sommes forts lorsque nous sommes unis, lorsque nous nous battons pour plus de liberté, plus d’égalité, plus de justice.

Les hommes cupides ont cru que nous resterions passives. Petites ouvrières ignorantes… Les hommes cupides se sont trompés. Nous avons refusé de subir l’abus de pouvoir, la trahison. Nous nous sommes regroupées, nous avons essayé de réunir le plus possible de performeuses lésées par Francolive. De longues heures de discussions, de réflexions, de recherches, avec pour seul soutien notre cohésion, au-delà de toutes nos différences et l’appui de nos fans qui ne nous ont pas lâché.

Nous nous sommes appuyées sur la justice et les lois en vigueur. Nous avons prouvé qu’ensemble nous sommes capables de changer la donne. Nous n’avons malheureusement pas réussi pour toutes : ils ont vite disparu avant de voir grossir le rang des prolétaires en colère.

En espérant que pour nombre d’entre nous, ce ne soit pas trop tard… Merci à tous pour les nombreuses et adorables lettres de soutien qui nous ont aidé à tenir le cap.

Mes mauvaises expériences

En ce qui me concerne, en 15 ans de camgirl, j’ai également vécu à plusieurs reprises ce genre de désagréments : un site suisse a fermé ses portes en me devant 3 mois de salaire (dont je n’ai jamais vu la couleur) et un autre gros site ayant pignon sur rue à l’heure actuelle m’a exclu sans me rémunérer plus de 3 000 euros car… je portais un haut transparent en free.

Alors cela me fait plaisir de voir que les camgirls deviennent solidaires dans la difficulté et ne se laissent pas “maltraitées”.

Lorsque j’ai débuté, j’étais bien seule face à mes soucis. Aucune aide, aucun blog, aucun contact avec les gérants des sites pour m’aider… C’est pour cela que j’ai créé ce blog et je vous remercie pour le soutien que vous me témoignez chaque jour.

Encore un grand bravo à toutes ces femmes courageuses. J’ai le plaisir d’en voir certaines se joindre peu à peu à nous sur desir-cam.com. Je leur souhaite de belles années de camgirl, de retrouver confiance, sérénité et respect dans cette activité.

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